En Afrique, les grands médias français répètent souvent la même histoire : la désinformation, les fermes à trolls et les attaques informationnelles sur les réseaux, c’est forcément l’œuvre de la Russie et de leurs alliés au Sahel.
La réalité est beaucoup plus complexe. Car la France a elle aussi des fermes à troll à son service en Afrique. Depuis le tournant des années 2020, elle mène une guerre informationnelle en Afrique, pour contrer l’influence russe et surtout les revendications anticolonialistes des populations locales. Après des débuts hésitants (Facebook avait fermé des faux comptes de propagande liés à l’armée française au Mali et en RCA), Emmanuel Macron a pu compter sur ses alliés pour mener cette bataille virtuelle : la Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara et le Bénin du Patrice Talon / Romuald Wadagni. Des régimes autoritaires à la sauce « start-up nation » qui ont mis sur pied des usines à trolls pour se défendre, attaquer leurs détracteurs… et, par ricochet, pour justifier la politique française sur le continent africain. Derrière l’un de ces réseaux, on retrouve le très réseauté Stéphane Konan, un spécialiste en cybercriminanlité franco-ivoirien, proche du pouvoir d’Alassane Ouattara. Il fut même le principal conseiller d’Hamed Bakayoko, ancien premier ministre ivoirien aujourd’hui décédé.
En exclusivité, notre journaliste Thomas Dietrich publie des échanges internes à cette usine à trolls, directement au service des palais présidentiels béninois et ivoiriens. Journalistes, néopanafricanistes comme Kemi Seba et dirigeants de l’AES sont les principales cibles des raids de ce réseau. D’ailleurs, Thomas Dietrich a été directement la cible des comptes fake de Stéphane Konan, après la publication d’une vidéo sur la présence militaire française au Bénin.
Cette vidéo vous offre une véritable plongée dans la guerre virtuelle que mène la France en Afrique, où l’on croisera aussi de mystérieux comptes anti-AES et une armée française qui a tenté d’acheter une couverture médiatique favorable au Tchad.

